Unknown traveller

Publié le par A_A

 



Aéroport de Munich. Arrivée. Terminal 2. Il est 14h30. Attendre. Attendre.

 

Une foule de personnes se presse à côté de vous. Attendre. Vous regardez attentivement la porte, qui s’ouvre toutes les deux minutes. Vous ne connaissez pas les personnes qui traversent cette zone, mais vous ne pouvez pas vous empêcher de les fixer. – comme toutes les personnes autour de vous. Malheureusement vous ne saurez jamais qui sont ces voyageurs, ni d’où ils viennent. 

Au-dessus de la porte d’arrivée, nous avons installé un écran représentant le hall de livraison bagage qui est inaccessible pour ceux qui attendent.

Une image apparaît sur l’écran, présentant un voyageur qui peut être n’importe qui, il apparaît seul, comme noyé dans la masse.

Elle montre un homme petit et  trapu, au nez marqué. Vous ne le connaissez pas, mais vous allez le connaître. Son histoire s’est déroulée dans cette zone inaccessible actuellement. Grâce à ce dispositif, vous allez tout savoir sur cette zone inconnue.

Buenos Aires. 10H15. Il fait chaud. L’avion est encore sur les pistes. Ce sera un long voyage. Victor est fatigué, mais l’accélération du décollage l’a pourtant empêché de dormir. 

Señores pasajeros, bienvenidos en el vuelo 339 en dirección de Munich. Me presento, soy el commandante Alejandro García de Castro. Nuestra Tripulación está muy encantado de acogerles a borde y le deseamos un buen vuelo. Esperamos llevarles a tiempo a destinación y muchas gracias para su atención.

Il jette un regard sur sa voisine. Elle est attirante.

Victor est avocat, il aurait pourtant aimé étudier autre chose. Il a rencontré des clients à Buenos Aires. Il a appris à danser. Tango. Il aime danser. Et chanter. Il a joué de la guitare sud américaine. Mais pas assez bien comme le dit sa femme. Pourtant, il pense le contraire.

(Désirez-vous quelque chose à boire ?)

Victor sursaute.

(Un jus de tomate s’il vous plaît, avec du sel et du poivre.)

Sa voisine commande à son tour un Coca zéro. Qu’a-t-elle fait à Buenos Aires ? Il ne sait pas. Il ne va pas non plus lui demander. Il regarde par le hublot. De l’eau. De l’eau, encore de l’eau. L’encas arrive. Il ouvre son paquetage : un poulet caoutchouteux accompagné de légumes aux couleurs morbides : indéfinissable, peut être des épinards mais on pourrait également penser à des pâtes. Il ne va pas le manger, mais plutôt commander une bière.

(Señor, su cerveza) (bruit décapsule)

Bière. Munich. Tango. Buenos Aires. Tango. Femmes. Le travail. Il dort.

Bienvenidos en el aeropuerto de Munich. Esperamos que hayan disfrutado del vuelo y que hayan pasado un buen viaje. La temperatura extorior es de 9 grados, y el cielo está noblado y cubierto. Nuestra tripulación le desea una buena estancia en Munich. Esperamos volver a verles muy pronto.

Victor ouvre un œil et cligne péniblement des yeux. Il est là. À la maison. Munich. Il observe les gouttes ruisseler sur la vitre du Hublot. Lentement, il fait rouler sa valise dans l’allée centrale. Il est 14H25. Il a encore une demi-heure, ensuite, il doit déjà être au bureau. Stress.

(Bruit des bagages sur les tapis roulant, et des discussions des voyageurs.)

Il traverse à présent la porte des arrivées et s’arrête soudainement, regarde les personnes en face de lui. Non, personne ne l’attend, ni n’est venue le chercher_ Mais beaucoup de personne, qui connaissent son histoire, ont fait partie de sa vie pour un court moment, et peuvent les considérer comme une connaissance. Pour un moment au moins, ils ont fait attention à lui. Il avance dans la foule et disparaît.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans workshop MUC

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