Serendipity

Publié le par A_A

[...] Par ailleurs, la mobilité ne constitue pas qu’un moyen extérieur de la coprésence (on se déplace pour rencontrer quelqu’un ou quelque chose) : elle est aussi l’un des « lieux » (c’est- à-dire des dispositifs) où la coprésence se produit. 
C’est notamment le cas des interactions multisensorielles aléatoires au contact (IMAC), les rencontres non programmées avec des réalités effectués par la médiation de l’ensemble de l’appareil sensoriel. 
Les IMAC ne sont pas le seul type d’interaction possible dans la ville mais elles en sont le plus spécifique, le seul qui ne soit possible, en quantité et en qualité significatives, que dans un espace urbain. 
Leur force est qu’elle échappe au caractère « thématisé » des rencontres, professionnelles ou amicales, pré-organisées ou des lieux spécialisés (bibliothèques). 
Tout en fabriquant des liens faibles et, le plus souvent, éphémères, elles se trouvent au cœur de la confrontation de l’acteur avec les altérités. 
Elles offrent des conditions plus favorables que dans d’autres configurations (notamment celles du Web, très ouvertes mais peu interactives) pour bénéficier de la serendipity (trouver ce qu’on ne cherche pas) et des déplacements d’une réalité d’un registre, d’un ordre, d’un univers à un autre, ce qui constitue la force productive principale des activités créatives. [...]

Jacques Lévy, Quelle mobilité pour quelle urbanité, Texte de la 601 conférence de l’Université de tous les savoirs donnée le 5 janvier 2006  

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