Escale à Toulouse.

Publié le par A_A



Le réveil est dur dans cette petite chambre équipée, je me tourne sur le côté en me frottant les yeux. On est arrivé tard hier soir de Singapour. A travers la vitre et la fine résille, je m’émerveille comme pour la première fois devant cette ville où j’ai pourtant passé les meilleures années de ma vie. Au loin, en deçà des collines découpées par le soleil encore bas, on devine plusieurs petits clochers et donjons indiquant la direction du centre historique. Plus au sud, d’autres édifices marquent plus fortement le paysage par leur largeur mais me laissent tout de même apprécier une grande partie des Pyrénées enneigées. Les souvenirs et les émotions ressurgissent, je frissonne.
    En prenant ma douche je repense à cette ville. Il parait qu’ils ont fermé l'accès des voitures particulières à la zone délimitée par les boulevards et les allées De Fitte. Depuis, le centre grouille de touristes, de spectacles de rue, d’animations, mais aussi de manifestations, de jour comme de nuit. Il me tarde de voir ça mais je me demande si cette ambiance me conviendrait encore aujourd’hui. Je m'habille et repense à mon vieil ami que je dois retrouver dans une demi-heure. Il m’a dit qu’il cherchait à déménager dans la première ou dans la deuxième couronne de périphérie à cause de la nouvelle hausse des loyers dans le centre et puis surtout parce que sa femme ne supporte plus le vacarme de ces joyeux lurons arpentant les rues à toute heure. On devient rabat-joie avec l’âge.
    Je descend rapidement car mon avion part dans trois petites heures pour Buenos Aires et je ne dois pas rater mon rendez-vous au café Wilson. Même si leur système de bus périphérique est très au point, j’ai quand même 8 minutes jusqu’à barrière de Paris puis 4 stations de métro jusqu’à Jean Jaurès. J’aurais pu déjeuner tranquillement ici, à la station d’hébergement du terminal, mais comme que je peux être rapidement au centre, autant en profiter ! Haaalala… et dire qu’avant je n’aurais troqué ces 20 minutes de vélo contre aucun autre moyen de transport. On se ramollit en plus d’être rabat-joie !

Michel Maurel

Publié dans anticipations

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