Trop tard

Publié le par A_A

Je viens d’embarquer pour Paris et je m’installe inconfortablement dans le siège. Je demande un jus de tomate, par manque de chance l’hôtesse n’a plus de sel au céleri.

Avant de partir j’ai regardé rapidement et par curiosité sur le site http://www.facebook.com/l.php?u=http://www.bilancarbonepersonnel.org qui donne, pour ce seul vol en allé simple Toulouse-Paris, une émission de 150 kg équivalent CO2 contre 2kg si j’avais pris le train…
c’est juste un ordre d’idée.
Les efforts qui donnent bonne conscience tels que : économiser l’eau, éteindre la lumière en partant, faire le tri sélectif, prendre le vélo plutôt que la voiture, tout ça part en fumée en moins de 45 minutes.

L’homme qui se trouve juste à ma droite a une trentaine d’années et travaille pour Sanofi, il voyage 2 à 3 fois par semaine en Europe depuis Paris. Ca diminue un peu ma culpabilité.

Pour beaucoup de gens voyager est un privilège, un évènement pour lequel ils travaillent toute l’année. Pour d’autres c’est devenu une corvée.

En contemplant toujours l’étendue de nuages par la fenêtre, je me demande combien de temps on pourra voyager comme ça.
On va rapidement devoir imposer des quotas de kilomètres en avion par personne… ou bien par pays, de cette façon il deviendra possible de racheter les quotas des pays pauvres ! On pourra alors encore voyager en bonne conscience tout en sachant que l’on pollue à la place d’autres personnes.

Je viens de finir mon jus de tomate.
L’hôtesse très souriante m’apporte du sel au céleri.



Michel Maurel

Publié dans angoisses

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