Embarquement

Publié le par A_A

7 septembre 2007

J’ai déjà calculé tous les horaires pour être à l’heure, le bus Lisbonne-Porto que j’ai failli manquer et le trajet en taxi jusqu’à l’aéroport. Il vaut mieux arriver 2h avant le décollage, mais je n’y serai pas. J’ai essayé de baragouiner ma direction en espagnol avec un petit accent portugais au chauffeur. Ça a l’air de marcher, il n’arrête pas de me parler sur le trajet. Il attrape parfois le crucifix suspendu à son rétroviseur.

Après-midi de septembre, Portugal, il fait chaud. Je suis inquiet. Quand va-t-on arriver ?

Je n’aurais jamais imaginé que l’aéroport soit si loin de la ville. Le taxi s’engage sur une rampe. C’est bizarre, j’ai déjà l’impression de quitter le sol. Une grande forme éblouissante et vitrée, on y est enfin. Un peu par hasard, le taxi me laisse juste devant le bon terminal des départs, quelle chance ! Je rentre, très bien, je suis devant les panneaux d’affichage. Alors, Marseille… Ok, c’est porte 6. Je me rue sur une première rangée de bureaux d’enregistrement. Non, ça doit être à l’opposé, à une centaine de pas. Bien, j’y suis ! Finalement, ce n’est pas si grave, il y a encore beaucoup de monde dans la file d’attente. Je dois attendre, alors j’écoute les gens devant moi. Je regarde autour de moi. J’ai une sensation de liberté, comme dans un grand terrain de jeu. L’espace donne une impression d’unité, de fluidité. Ici, il fait bon, c’est immense, lumineux. Je m’amuse à étudier la structure compliquée en acier blanc de la couverture.

C’est fait, j’ai confié mes bagages, je peux m’enregistrer. J’ai horreur de ça. Il faut mettre tous ces effets personnels dans un bac en plastique. Je vais encore oublier d’enlever ma ceinture et ma gourmette et je serai bon pour une fouille corporelle. Non, cette fois ci, ils ont trouvé ma crème solaire et ma solution pour lentilles. Allez-y, jetez-les, je m’en fiche maintenant…

Un mauvais café de la machine, une ultime file d’attente interminable et ça y est, je suis assis dans l’avion, prêt pour le décollage.


Rémi Jalade 







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