Oisiveté imposée

Publié le par A_A

Ayant mon billet pour Toulouse, via Munich, en poche, je regardais la neige malmenée par le vent à travers les baies vitrées de l’aéroport de Stuttgart.

Dans l’avion, enfin installée sur mon siège, dans mon champ de vision le contraste était saisissant entre l’énervement des gens et l’immobilité de l’appareil.
Le retard accumulé m’a fait rater ma correspondance pour Toulouse. Deux jeunes femmes attendant le même avion pendant plusieurs heures. Ca parle.
Toulousaine, elle est partie vivre à Stuttgart.
Née à Stuttgart, je vivais à Toulouse.
Comme deux vies différentes qui échangent leur place, nous avions confronté nos visions respectives, nos subjectivités sur nos villes d’accueil.
Elle et moi, si différentes, si contraires, avions énormément de choses à partager, et que l’on partage encore.
La tempête, l’aéroport, l’attente… J’y ai souvent repensé, finalement, les lieux d’attente semblent posséder leur propre espace-temps.
Le temps passé y est différent, une oisiveté imposée.
 

Laetitia Mayer-Klenk

 

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