Le plaisir du passager

Publié le par A_A

Une idée dominante est celle de liberté. Certes, on ne peut pas faire n'importe quoi ! Les contraintes sont nombreuses, celles relatives à la sûreté en particulier.
Malgré cela, l'actualité des projets dans le monde montre qu'on peut encore inventer des espaces nouveaux et intéressants. L'expérience que nous avons acquise, avec des projets de plus en plus grands du fait de la hausse du trafic, nous permet d'innover en étant toujours guidés par un objectif : le plaisir du passager. 
Nous devons dépasser les standards anciens et les habitudes automatiques. Du fait que de plus en plus de passagers utilisent l'aérogare en correspondance, ou parce que les passagers y viennent de plus en plus en train, l'aérogare n'est plus une grosse maison au bout de la route. C'est plutôt une interface multiforme entre avion et avion, train et avion, un lieu d'échange entre modes de transport.

Dans ces conditions, l'aérogare est une grande enveloppe protectrice qui vise à créer un univers conditionné. C'est plus exactement une "bulle protectrice" à l'intérieur de laquelle tous les services se déploient de manière plus variée.
Par analogie à un restaurant, l'aérogare sera de moins en moins un menu unique et de plus en plus une carte où l'individu client exerce son choix personnel.
Il existera toujours des étapes obligatoires comme l'enregistrement et les contrôles. Mais même ceux-ci connaissent une diversification des procédures, grâce à Internet, à la biométrie, etc. S'y ajoute une palette toujours plus étendue de services, commerciaux ou non, proposés au passager.
C'est tout cela qui conduit à mettre en scène cette notion de liberté.


Pierre-Michel Delpeuch, directeur de l’ingénierie et de l’Architecture d’Aéroports de Paris, ingénieur des ponts et chaussées et architecte, in revue Entre voisins, publication ADP.



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